.Home.

Vive la Hongrie et ses habitants !

J'avais prévu il y a longtemps d'y partir (depuis que je suis à Salzburg en fait), et ca y est, veni et vidi !

Budapest, 4 jours chez une copine, qui m'a tout fait visiter. C'est toujours le meilleur moyen de voir un peu autre chose que les lieux touristiques, d'avoir les bons plans, et c'est nettement plus marrant !

7 heures de train depuis Salzbourg, ca ne me fait pas peur, surtout pas après en avoir déjà fait 16 pour rentrer à Noël... Le trajet Salzbourg-Vienne est morne et triste, autant dire que je suis plutôt au bon endroit pour les visites, parce que la Haute et Basse Autriche, c'est la campagne ou les villes un peu industrielles et grises. Ce trajet m'a semblé interminable, que ce soir à l'aller ou au retour. 3h30 de choses pas intéressantes à voir, un peu comme le TGV Aquitaine, mais en franchement moins rapide... 3h30 pour 250km, c'est la lenteur Corail.

Changement à Vienne-Ouest, petite gare, on dirait. J'ai juste eu à aller 2 quais plus loin pour trouver le train. InterCity Bela Bartok, dans mon wagon il y a 10 jeunes Américains écervelés, aucun doute, je suis dans le bon train. Franchement, passé Vienne, j'ai eu l'impression de traverser la Champagne. Le Burgenland (le Land frontalier avec la Hongrie) est exactement aussi morne et plat. Il n'y aurait pas la douane, je ne sentirais pas toute de suite la différence entre les 2 pays.


On s'éloigne un peu plus de l'Autriche, et là se fait sentir le changement. Les maisons hongroises ressemblent à des maisons de poupées, basses et très étroites, environ la moitié d'une maison normale. Il y a aussi beaucoup de bois, de déchets laissés dans la nature, ca ne respire pas l'opulence...

Après 4h de train, on finit par atteindre Budapest.
Des noms connus fleurissent de partout: un énorme Auchan à côté d'un énorme Ikea, T-Mobile, OBI, Media Markt, Tesco...
L'élargissement de l'Union Européenne à livré le pays à toutes ces entreprises énormes, qui ont envahi le marché hongrois et le dominent aujourd'hui. Pas de chaîne de magasins hongroise, pas de grande entreprise nationale. C'est vraiment impressionnant à quelle vitesse l'Europe de l'Ouest est arrivée là... Déjà les petits commerces ferment à la vitesse grand V, et la principale attraction du weekend n'est plus de se promener en ville, mais d'aller se promener au Auchan par exemple. Les grands hôtels hongrois d'avant la fin de la 2nde guerre mondiale, tombés en ruine pendant le Rideau de Fer, sont aujourd'hui tous rachetés et rénovés pour une bouchée de pain par des investisseurs étrangers.
On a vraiment l'impression que la Hongrie est dépouillée par les investisseurs étrangers, qui rachètent tout et font monter les prix. J'avais déjà eu cette impression en République Tchèque, mais j'ai trouvé ca encore plus saississant à Budapest.

Arrivée à la Gare de l'Est de Budapest, Keleti. Une ancienne jolie gare du style de la Gare du Nord à Paris, mais comme tous les monuments culturels, elle est en ruine, puisque la dictature avait décrété que la culture autre que stalinienne ou soviétique ne valait pas la peine d'être soignée et entretenue.

Je n'ai qu'un pied sur le sol hongrois que déjà deux femmes me demandent, dans un anglais approximatif, si je cherche un logement pas cher sur Budapest. En Hongrie, le salaire moyen est de 200 €, alors pour arrondir les fins de mois, beaucoup de gens essaient de louer une chambre à des touristes, provenant tous de Vienne, comme moi.

Je retrouve Eszter au bout du quai, et nous partons chez elle en bus, pour déposer mes affaires.
Elle habite à côté d' "un des sites touristiques les plus visites de Budapest" (Métro Stadionok): une énorme salle de concert en forme de vaisseau spatial ! Quand je l'ai vu la première fois, j'ai cru que le bâtiment était d'architecture soviétique, c'est vous dire !

Une fois les affaires déposées, nous sommes allés aux bains. Les bains Szechenyi, côté Pest. 
C'est cher, surtout pour le Hongrois moyen (environ 10€ pour 2h mais si on part avant la fin des 2h on en récupère 3), mais que c'est agréable ! Le mieux, à mon avis, ce sont les bains la nuit dehors. La vapeur en suspension dans l'air, le cadre, ca donne un effet très mystérieux et très beau. En rentrant, nous nous sommes baladés jusqu'à la Place des Héros, une grande esplanade avec des statues représentant les rois hongrois, notamment Mathias (j'écris à la française), qui est de loin le plus populaire de tous.

Le soir, nous avons bu du vin blanc et rouge hongrois (Tokaji pour le blanc, le rouge, je ne sais plus, honnêtement, le mieux, c'est le blanc), et discuté avec ses colocataires, qui étaient très sympas aussi.

Lendemain, visite active de Budapest: Astoria, la fac de droit, les rives du Danube côté Pest, le pont Szechenyi (encore lui ! Szechenyi était un noble qui avait hérité d'une grande fortune, et qui l' utilisé pour la construction de grands monuments publics, dont les bains et ce pont suspendu sur le Danube), le château de Budapest avec la galerie nationale hongroise, les quartiers autour du château, l'église dédiée aux pécheurs, le Parlement, la basilique Saint Stéphane (le premier roi hongrois à se convertir), le nouveau théâtre national et un palais pour les arts, la colline Géllert pour une vue nocturne de Budapest.
Autant dire qu'on a pas chômé, mais à la fin de la journée, on en pouvait vraiment plus.
J'ai aussi testé ce soir là le fameux Goulasch, miam miam miam. Et les portions hongroises valent largement les portions allemandes ou autrichiennes. Y'a qu'en France qu'on mange comme un oiseau, ou quoi?

Le Samedi, visite de l'Opera, vue des anciens grands hôtels de la ville et excusion à Gödöllöi, au nord, ville d'origine d'Eszter, où se trouve le château préféré de François-Joseph et de... Sissiiii ! Ils ont rénové les parties d'habitation - ca a dû être très très très coûteux -, et le contraste est saisissant entre le rénové et les ruines laissées par la dictature. On y a bu le meilleur chocolat au lait de ma courte vie, nécessaire par la caillante qu'il y faisait.

Eszter devait ensuite retrouver à un bal ses anciens camarades de lycée, et moi je suis rentrée à Budapest, où j'ai retrouvé Adam, un ami qui étudie aussi à Salzburg le droit, mais qui reste aussi le semestre suivant. Nous sommes allés à une expo de peinture contemporaine faite par son prof de français à l'Institut français de Budapest.
Bon les toiles étaient pas terribles, l'ambiance très intelligentsia franco-française - je te fais des petites blagues et autres sortes de connivences en faisant semblant de s'intéresser à autre chose qu'au champagne -, mais bon on en a profité pour retrouver un ami à lui, francophile, lui aussi de l'Institut français, et ensuite encore un autre, qui apprenait aussi le français.
Eszter m'a dit qu'en Hongrie, le français était très en vogue dans les milieux étudiants, ca change un peu des Allemands ou Autrichiens qui ne pensent qu'à partir en Espagne...

On a donc pas mal discuté, déjà dans un café super sympa à Astoria, à côté de la fac de droit (café Alibi, si un jour vous y allez aussi) puis ensuite au Szimpla, un bar planqué dans un immeuble en ruine, avec rideaux en plastique vert en guise de porte et ambiance très underground. Pour ceux qui ont vu Good Bye Lenin! ca ressemblait pas mal au bar où les deux personnages principaux ont rendez-vous pour la première fois.
Super sympas, tous, même des gens que je ne connaissais pas, on a joué au baby-foot...

C'est là qu'on se rend compte que la descente hongroise est différente de la mienne.
Ils m'ont fait boire LA boisson hongroise: le Palinka, eau-de-vie à la pêche et au miel. Servi dans des verres à vodka, je vous laisse imaginer le degré de la boisson. Au début, j'ai eu l'impression de boire de l'alcool à 90°c, mais si on suit leur technique qui est de tout avaler d'un coup, c'est vraiment pas mauvais.
En fait, ils m'ont dit qu'il fallait alterner Tokaji et Palinka, que l'un sans l'autre n'allait pas résultat, votre serviteur(-trice?) avait un bon coup dans le nez, et jouer après ca au baby-foot s'est avéré très très difficile, la balle allant beaucoup trop vite et en plus j'étais au poste de défense...
Mais vraiment adorables, il a fallu que je râle un bon coup pour pouvoir payer quelque chose, à chaque fois ils m'invitaient, et il a fallu se le gagner pour inviter tout le monde.

Vraiment une super soirée, bien que difficile de marcher droit !

Le dernier jour, Eszter est rentrée à Budapest, et elle aussi avait profité du Palinka hier soir, alors on y est allées doucement. On est allées visiter la Grande Synagogue de Budapest (métro Astoria), et c'était magnifique. Ca ressemble beaucoup à une église, ce qui est très spécial, et vraiment, c'est à voir.

En repartant, Eszter m'a offert une bouteille de ... Tokaji !
Non vraiment, c'était un super séjour, Eszter viendra sans doute chez moi début septembre, j'espère que j'arriverai à l'accueillir aussi bien que je l'ai été, elle a vraiment été adorable.
J'ai fait connaissance avec des gens accueillants, ouverts, autrement dit l'inverse de Prague.
(Les Tchèques ne sont pas sympas, et ca s'était très mal passé.)

Bref, voilà quelque chose que je conseille à celui qui a un peu de temps et d'argent: partez en Hongrie, faites connaissance avec des Hongrois, ils sont adorables.

Vos commentaires

1 Le Mardi 20 Fevrier 2007 à 10:23 GMT+2, par Tines

Souvenirs émerveillés d'un séjour émerveillant ! Et si , à l'occasion, tu nous montrais quelques photos, à nous qui n'avons pas (encore) eu l'occasion de goûter à l'hospitalité hongroise ??

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Cet article ne peut faire référence à d'autres publications.

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 3 + 4 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens